mardi 3 juillet 2012
Retour vers le fluo
A la fin de ma chronique "La vie en bas de chez moi", j'avais évoqué ce qui allait constituer la suivante...Elle a pris naissance dans mon esprit quand mes yeux se sont baissés dans la vitrine d'une boutique du vieux Lille...Trois écharpes enroulées, chacune d'une teinte qui fait un peu mal aux yeux..
Je ne vais pas jouer les modeuses, j'en serais bien incapable (!) mais il faut se rendre à l'évidence, le "pire" mais tellement emblèmatique des années 80 est donc de retour dans nos vitrines, je parle du Fluo, le vrai, celui qui était en bande sur mes t-shirts d'ado. Celui que j'ai porté dans les cheveux (mais uniquement pour danser*).
Le ton avait été donné l'hiver dernier par Miss Catimini, ma bloggeuse mode préférée, avec son pantalon couleur menthe à l'eau. Un rdv chez mon coiffeur avec une super jeunette aux ongles orange pétant a confirmé la tendance :
Oui, on a cru qu' "ils" n'auraient pas osé, mais si, "ils" l'ont fait. (Quand je dis "ils" j'évoque ceux qui influent sur ce qui va être porté dans la rue. Quelqu'un à la croisée entre "la mode-la mode-la mode" et Lady Gaga). C'est vrai que le Fluo ne fait pas très Garance Doré, j'avoue...Encore que n'ayant pas exploré la totalité de son blog, je ne peux garantir qu'une photo prise sur la plage de Miami (par exemple) n'en soit détentrice.
Ah les années 80, leurs épaulettes carrées et leurs coupes de cheveux improbables...
Certains esprits chagrins (ou réalistes) déplorent le retour de ce qui les a traumatisé ou de ce qui, tout le moins, ne leur plaisait pas. Je peux les comprendre. Mais j'avoue, j'apprécie de pouvoir me replonger dans mes jeunes années. On compte les années rapidement mais il est aussi à notre portée de repuiser dans toute cette belle énergie juvénile.Sans compter qu'en toute logique, le travail ayant remplacé l'argent de poche, il est plus aisé de se faire plaisir et de gâter l'ado frustré qui est, parfois, resté en nous.
Par contre, et là je vous demande un, de me croire sur parole, et deux, de ne pas vous raser la tête en signe de désespoir, mais le jean neige va nous revenir...si si si ! Bon, il n'a pas encore traversé et la manche et l'atlantique, mais il arrive........via Top-Shop entre autre.
Of course, on parlera de "bleach jean" (Traduction : "jean passé à l'eau de javel", moins poétique mais au combien plus réaliste) et celui-ci sera un summum de "chiccitude" et de "coolitude". Ceci dit, je ne vais pas faire la maligne et si j'ai l'occasion de prouver une fois de plus que je vénére tout ce qui est anglais (oui pas seulement leur cuisine via leurs chefs hyper-médiatiques), je ne dérogerais pas à mes convictions les plus profondes.
Je n'apprends rien à personne : les années 2000 ont inauguré le grand retour des années 80 en matière de mode. Ce qui, en soi, n'est pas hyper logique puisque dans les années 80 (je sais, je l'ai vécu) c'était les années 50 et 60 qui étaient "branchées". Oui, il fallait avoir son teddy ou son blouson d'aviateur et se faire une coque au dessus de la tête pour avoir le look (qu'on s'appelle Coco ou pas). Et les années 90 ont adoré les pat' d'eph, le psychédélique et les grands cols.
Il est vrai que chaque décennie remixé les précédentes tendances mais a aussi développé aussi ses propres codes vestimentaires : les années 80 ont mis à l'honneur les pulls chauve-souris, qu'on retrouve depuis quelques années (vous savez ces pulls qui découvrent si joliment une épaule) et surtout inventé le leggins (qu'on appelait alors caleçon long) et le perfecto. En parlant de perfecto, celui-ci a explosé suite au film Grease qu'on ne présente plus...(et il serait bien temps que je le vois **). Mais, l'histoire se déroule fin des années 50. Vous suivez ou vous êtes perdus dans les méandres du style ? Allez, les voies de la mode sont impénétrables mais la carte de couleur bleu est magique !
Faites l'expérience : regardez une photo de ce film et dites-moi que vous ne retrouvez pas les codes vestimentaires qui ont encore cours aujourd'hui : jean retroussé dans le bas, les converses, les jupes de preppies..Et bien entendu le so famous perfecto ? par contre, je vous mets au défi de vous habiller comme dans Hélène et les garçons (oui pour aller bosser ! Pas pour une soirée délire..!).
Donc, je vous prédis (en fait je le "sens" depuis 5 ou 6 ans déjà) que bientôt les années 90 (mais là sans les années 70) vont bientôt se retrouver raffaichie et remixées dans nos vitrines...Si vous n'avez pas gardé les petits t-shirt avec un gros coeur plastifié sur la poitrine et la petite robe à bretelles pour mettre dessus, vous pouvez toujours visualiser "le miracle de l'amour" sur le satellite...bah, j'ai bien fait de garder ma petite patineuse courte de chez Laura Ashley.
En parlant de symbole, vous avez compris l'allusion dans mon titre à un des films emblèmatique (et culte) des années 80 ?
Je parle bien-sûr de la trilogie avec Marty et Doc et leurs allers et retours vers le futur. C'était le temps où les block-busters étaient aussi des films bien pensés et même intelligents. Sans prétention autre que nous distraire, ce film expliquait de façon claire une des théorie les plus célébres, celle de l'espace-temps. Avec des héros faillibles et drôles qu'il était si naturel d'aimer.
Dans la même veine, je vous recommande "Breakfast club", beau film sur l'adolescence et les différences et "Pump Up the volume", dont l'esprit rebelle et subversif n'a pas vieilli je vous l'assure (et puis c'est par ce film que je suis tombée en amour pour le grand Léonard Cohen). Je vous parle bien-sûr d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre et n'ont d'ailleurs aucune idée de ce à quoi je suis en train de faire référence. Quoique. Je suis persuadée que ce type de film traverse les âges. Je fais comme mon ancien prof de filmo(logie), je prends le pari ***
Oh vous avez une question avant que je ne parte : Est-ce que j'ai acheté l'écharpe fluo ?
Vous vous en doutez, bien sûr que j'ai acheté l'échappe qui m'avait "branchée" dans la vitrine (en fait j'avoue, j'ai hésité entre une orange et une rose...et je suis partie avec les deux).
Mais, mais...dans le magasin il y avait des t-shirt avec un gros coeur sur la poitrine ??!!
Ah marre d'être toujours précurseur...
* Chorégraphie sur "Like a Virgin" avec des mitaines en dentelle noire et mini-jupe tube. En public sur les scènes des galas de danse
** Par contre pour ma défense les enfants, ado, de ma deuxième nourrice, ont usé leur 78 tour grâce à moi. Je pense raisonnablement être capable de chanter, faux, chacune des chansons de la bande originale.
*** Mais lui avait parié sur "La régle du jeu" de Renoir comme étant le meilleur film de tous les temps. Mais là, je vous cause public très cinéphile. Je n'avance pas que les films que j'ai cité sont les meilleurs mais bien qu'ils auront encore quelque chose à dire dans 20, 30, 50 ans.
vendredi 22 juin 2012
Comme dans la chanson de Cohen...puisque c'est ton choix
Mon intention ici n’est pas de prendre la disparition de notre
Lalou comme thématique d’une chronique, cela me semblerait irrespectueux et
indigne d’elle.
Simplement, je ne peux pas ne pas écrire que je l’appréciais
et qu’elle va me manquer, qu’elle va nous manquer à toutes, ses copines du
Forum, plus si virtuelles…Certaines personnes que j’ai eues au téléphone l’ont
décrite comme une « belle personne » et je suis d’accord. Je pense à
son sourire si chaleureux et si présent, je pense à la super maman qu’elle
était, je pense à ses enfants qui étaient l’essence de sa vie. Je pense à cette force tranquille qui était en elle, malgré tout.
Je pense aussi à des choses plus futiles peut-être mais qui
seront pour toujours attachées à elle : aux parfums Théo Cabanel qu’elle m’avait
fait découvrir, aux macarons de chez Ladurée qu’elle aimait tant et qu’on avait
achetés ensemble…
Qui va poster maintenant de si belles photos ? Tu
laisses orphelins tous les animaux des parcs, toute la délicatesse des fleurs, tous
les rayons de soleil, tous ces détails qu’on ne voyait pas et dont tu
émerveillais nos yeux…
Au revoir Chantal…
ps : je voulais mettre une de ses photos en illustration, l'imaginant assise pour toujours sur la plage de Hoi An ou glissant comme une fée sur les plumes des cygnes du Pâtis..et je me suis trouvée incapable de choisir et puis elles sont à elle...tellement à elle...
lundi 4 juin 2012
La vie en bas de chez moi...
28/05/2012
J'ai l'esprit qui vagabonde. Toujours. Sans doute l'avez-vous remarqué ? Que je sois en train de préparer une recette ou plongée dans le plus passionnant des romans. Même en ce moment, alors que je suis allongée sur un transat avec Dorchester Terrace d'Anne Perry dans les mains.
Retranscrire le chemin que mon esprit a fait entre un drame victorien et, le souvenir de moi descendant les marches de mon 1er appartement serait fastidieux. Et j'ai l'esprit tellement bizarrement tourné, que je ne suis pas certaine que les sauts d'étape en étape vous paraissent logiques, mais plutôt dénués de bon sens.. Cela vient, semble-t-il, de ma "base" d'épicurienne (1) : une idée en amenant une autre, elles fusent et s'associent plus vite que les boules d'un flipper pour former quelque chose de génial (parfois), ou de simplement farfelu (souvent) !
BREF (Petit clin d'oeil à ceux qui aiment cette série) (2), je suis passée des rues froides de Londres en 1896 à la rue des Ponts de Comines, où j'ai eu mon premier appartement en 1993. Il était petit, mal insonorisé et l'escalier commun sentait en permanence la soupe vietnamienne, mais il avait l'immense avantage d'être au centre de tout, que dis-je, au coeur de tout. Toutes les directions étaient des destinations intéressantes et j'ai même fait une fois l'expérience de quitter cet appartement à 15h51 pour prendre le train à 15h57 (en courant un peu). Oui, il suffisait que je descende les marches et que j'ouvre la porte pour me retrouver en pleine effervescence, comme une pièce tranquille qui donnerait accès à une fête permanente, sans interférence ni sas entre les deux. Avoir, comme dans "Viva la Vida" la chanson de Michel Fugain, la vie en bas de chez moi...
Tout comme Carrie B, marchant dans les rues de N-Y, j'avais à ma disposition ce que j'aime le plus : une sensation de liberté absolue et le sentiment que tout est à découvrir. Quand je sais que je vais être étonnée par tout ce et tous ceux qui m'entourent. Ce qui est ma quête perpétuelle, mon moteur, et aussi, parfois, mon pire défaut.
Tu claques la porte et tu descends l'escalier
T'arrives en bas, la rue est là
C'est plein de bruits d'odeurs et de fruits défendus
Et c'est qu'un début...
(Il faut savoir, pour l'anecdote que dans des temps anciens, mais pas si lointains dans ma mémoire, j'ai dansé en public sur cette chanson. C'était du temps où je faisais de la danse classique et deux galas par an. Entre "grands-jetés" et "pas-chassés", nous avions droit à un intermède de danse moderne. "Viva la vida" est l'un d'eux.
Je dis "Nous" car j'y associe une des lectrices très indulgentes de ce blog. C'est une de mes amies les plus fidèles (depuis presque 30 ans). Elle l'a dansé avec moi dans un costume dont j'ai tout oublié, mais je pense qu'il y a certainement une bonne raison à ça. Et pourtant, croyez-moi, nous avons expérimenté beaucoup de choses.)
La rue c´est la vie qui va
Viva la viva la vida
C´est là qu´on vit là qu´on va
Viva la viva la vida
Et puis un jour, brusquement on constate qu'on n'a plus 20 ans. On se met en couple pour de bon, on rêve d'un petit coin de verdure où chantent des alouettes (ou d'un "simple village dont on ferait sa maison et où on pourrait respirer l'air pur"), on a des enfants et on se retrouve dans son jardin à lire le dernier Anne Perry.
Bien entendu, je peux toujours prendre ma voiture et aller sur Lille. D'ailleurs, certains samedis matin je le fais et, parfois, j'ai même la chance de retrouver les membres chers à mon coeur des "amateurs de Tiger Wok et de cheese-cake" (3).
C'est vrai, j'ai un mari assez gentil pour ne pas m'enfermer et assez intelligent pour comprendre que je ne fais finalement que ce que je veux. Et, qui plus est, parfaitement apte à s'occuper de la blondinette à petit nez qui nous sert de fille. Il arrive même que j'arrive à me départir de la culpabilité de ne pas lui accorder tout mon temps et à me rassurer en n'achetant que des trucs pour elle. Oui, parfois, c'est terrible, je ne pense qu'à moi. Mais, bizarrement, il faut toujours que j'ai un but, une bonne excuse : "je dois aller chercher...de la bonne viande/le CD de X à la Fnac/une cadeau pour l'anniversaire de...(barrer la mention inutile). Et plutôt que d'errer au gré de mes envies, je me dépêche toujours comme si j'avais un train à prendre (suis-je la seule à répéter "mais pourquoi tu cours ??" alors que réellement rien ne m'y oblige ?).
Finalement, est-ce que je ne me mets pas toute seule des contraintes ?
Alors qu'au fond, tout au fond de moi, tout ce que je recherche c'est de me balader sans but, suivre mon petit bonhomme de chemin, glaner des idées que je mettrai (ou pas) en oeuvre (et si je mettais du papier peint à rayures noires dans l'entrée ?) et éventuellement acheter deux ou trois trucs : un bouquin qui va me tenir chaud le soir dans mon lit, un cd qui va accompagner une longue distance en voiture, ou un t-shirt génial avec un paysage de coucher de soleil("pourquoi est-ce que je ne l'ai pas acheté quand je l'ai vu en vitrine ?? je suis sûre qu'il n'y en a plus !!"). Le hasard me sert bien en général alors que les listes bien établies me font acheter plus que je ne devrais et souvent ça ne convient qu'à moitié.
Vous me direz que j'ai déjà tellement l'esprit qui s'égare, un peu plus et c'est la camisole de force...Est-ce bien utile et nécessaire que je squatte en rêvassant les vitrines pendant un quart d'heure ou que je m'arrête brusquement en plein milieu du trottoir pour changer de direction, mûe par une idée ? (comportement que je ne supporte pas chez les autres). Est-ce que cela me rendrait heureuse ?
Et puis, force est de constater que même quand on est étudiant et donc libre de beaucoup de son temps, on doit bien un jour rentrer chez soi. Il y a un bien un moment où le soir tombe, les magasins ferment et la fête s'arrête, même si elle a duré longtemps. Et on se retrouve avec le même sentiment de frustration de retrouver le calme, peut-être l'ennui parce que plus rien finalement ne nous amuse. Il faut bien dormir ou réviser. On a toujours des obligations quelque soit l'âge.
Mais, c'est peut-être ce sentiment irremplaçable et tellement oh tellement séduisant que je pouvais d'un claquement de doigts ouvrir une autre dimension..
Ps :
31/05/2012
J'ai mis en oeuvre les idées lancées dans ces quelques lignes...Je me suis laissée porter...et j'ai trouvé un Fish Spa à tester (avec des copines de préférence. Des volontaires ?), j'ai acheté le fameux t-shirt (il est vraiment MAGNIFIQUE) et...j'ai trouvé dans un vitrine la thématique de ma prochaine chronique...A bientôt !!
(1) Formation à l'Ennéagramme, suivie en janvier 2012.
(2) la Série "Bref", qui passe en clait sur Canal +, Dispo en replay sur leur site...Si vous ne connaissez pas encore, allez-y !! Personnellement, je suis devenue "accro" en 1mn et 30 secondes et j'ai bien cru que jamais je n'allais me remettre à bosser.
(3) Vous aurez reconnu la référence au roman de Mary Ann Sheffer et d'Annie Barrows "Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates". Je vous engage, pour la centième fois, à le lire
jeudi 24 mai 2012
LA VIE EST UNE FETE ?
22/05/2012
Ce soir je prépare des petits en-cas pour mon chéri et moi. Dans deux jours, cela fera 9 ans que nous nous sommes mariés. Pour fêter cela, j'avais pris rdv dans notre spa préféré à Mouscron il y a des mois de cela (c'est un Spa très demandé).
(Cela me donne en même temps une drôle de sensation. J'étais alors encore en poste quand j'avais noté ce rdv dans le Filofax très classe que j'ai laissé au bureau. Mais, parfois, je me demande si tout cela a réellement existé...comme une vie parallèle)
Mais, je dois dire que je me sens remarquablement bien à l'idée de ne pas laisser cette soirée se dérouler sans un peu de magie...Pendant mes préparatifs, m'est revenue une phrase d'une fille qui est en passe de devenir une nouvelle référence pour moi. C'était dans une interview de la rubrique "une fille-un style" de l'émission "la mode la mode la mode". Le principe est simple : "comment, darling, as-tu réussi à avoir ce style incroyable ?" "oh ben, j'associe des petites choses simples, une veste Chanel, des répettos et un jean vintage de chez Armani !"...Vous voyez le genre ?
Mais celle à qui je pense c'est Joséphine ! Elle est la fille du batteur (je crois ?) d'Alain Bashung. D'où le titre de son spectacle : Joséphine ose ! Certes, j'ai fait connaissance avec elle à travers cette émission, disons...en dehors des réalités, mais Joséphine est différente : D'abord, elle a une collection incroyable de chaussures, rangées dans un style très personnel, mais surtout elle associe une grâce naturelle à un sens certain de l'auto-dérision et une fantaisie joyeuse qui fait du bien, même à travers l'écran de télé. Oui, quand Alexandra G s'étonne que cette charmante enfant aille faire ses courses dans une belle petite robe noire, elle répond : "Ma vie est une fête perpétuelle !"
D'ou la question fondamentale que je me suis posée : Est-ce que la vie est une fête ou peut-on faire de sa vie une fête ? Si je prends le cas de Joséphine, pourquoi pas puisqu'elle vit (suffisamment bien j'espère) de ce qu'elle aime. Elle a écrit seule les chansons, textes, vannes et certainement aussi les chorégraphie de son spectacle. Et elle écrit aussi pour les autres. D'où mon intérêt et mon respect. On pourrait argumenter, face à son teint frais, qu'à la vingtaine oui la vie est une série ininterrompue de choses drôles (!) et oh tellement excitantes (!!), mais Joséphine a 28 ans et elle fait preuve d'une belle maturité. Tout en restant pétillante. Une sorte de Bollinger quoi !
Je dois dire que mon éducation ne m'a pas portée vers une légéreté sans fin...mes parents étaient des personnes très sérieuses qui ont définitivement décidé de ne plus s'amuser aprés l'été 1985. Il ne s'était pourtant rien passé de spécial si ce n'est que nous avions déménagé. Ma grand-mère, que les anges la protégent quand même, n'a jamais souri sur une photo. (En fait j'en ai une d'elle, que je cache précieusement, où elle tire la langue...un moment de grâce).
Ne pas paraitre sérieux est considéré comme une faute grave dans nos sociétés. C'est assimilé à de l'incompétence, ou à un manque de respect.
Pourtant, je constate dans l'éducation de ma fille que ce sont les choses apprises de façon ludique qu'elle retient le mieux. Je ne vous parle évidemment pas du fait de traverser la rue ou même de se promener prés des voitures sans me tenir la main. Cela fait partie des choses non négociables. Tout comme toucher à mes bijoux.
Il y a des fêtes tristes, je suis d'accord. Celles qui sont ratées parce que les invités ne sont pas venus, par exemple. D'ailleurs, une des scènes que je ne supporte pas de ma série chérie, Friends, est celle où Ross attend seul devant son buffet intact des invités qui font une méga-teuf tout à côté de chez lui. Cela m'est insoutenable. Oui, j'imagine que cela évoque l'abandon pour moi.
Il y a des fêtes où l'on ne se sent pas à sa place ou pire où l'on se sent de trop. Et pourtant des miracles se produisent parfois. Je pense au personnage de Sex and The City, Standford, qui est très mal à l'aise dans cette boite gay où tous les autres mecs sont gaulés comme des dieux...jusqu'à ce que le plus beau de tous s'intéresse à lui parce qu'il porte des slips français, et qui lui offre un verre. (aurais-je omis de vous signaler que c'était une soirée "sous-vêtement" ?).
Au début de la trentaine, je désespérais de n'avoir pas assez perdu les nuits de ma jeunesse en boite et que maintenant c'était trop tard, que plus jamais je n'allai grimper sur une chaise en faisant l'animation à moi toute seule. Une de mes anciennes collègues, devenue une amie, m'avait dit une chose que je garde comme un Graal sacré, un mantra, bref, quelque chose que j'aime bien répétter et me répetter "tu vas encore t'amuser..mais autrement". Bah oui, c'est simple et évident mais cela sous-entend que tout doit se renouveler, se réinventer. Et que rien n'est perdu.
Bon, elle avait aussi l'habitude de dire "j'ai 17 ans...dans ma tête". On sait bien que ce n'est pas vrai. Ni pour elle, ni pour moi : On connait beaucoup plus de positions maintenant c'est évident.
La vie, c'est aussi des coups durs, des déceptions ...amoureuses, en amitié ou au boulot. Dans le fond, c'est toujours la même petite voix en nous qui demande pourquoi on ne nous aime plus.
Pourtant, je me sens infiniment mieux à ajouter des bulles ou des couleurs à la vie, à voir le noir brillant. Un peu comme Fran Drescher (pour ceux qui ont bien vécu dans les années 90, la série : une nounou d'enfer). Elle est celle qui est habillée en rouge quand tout le monde porte du beige. Elle avait certes des tenues improbables (à losanges rouge et vert parfois) mais personne ne s'est jamais ennuyé en sa compagnie.
Faire de sa vie une fête c'est aussi avoir une conception bien particulière du bonheur.
L'année dernière, lorsque j'ai suivi la formation sur "le Bonheur au travail", l'animateur avait soulevé que le fait de paraitre heureux était souvent associé à de la bêtise, ce qu'il déplorait fortement bien entendu. Ah cette belle expression : un imbécile heureux.
Est-ce que le bonheur rend vraiment niais ? Mais si être joyeux vous fait passer pour un benêt, la tristesse vous rendrait-elle pour autant plus fin dans votre analyse ?
Pourtant, être gai nous rend infiniment plus efficace dans le travail, plus patient face au quotidien. Et puis, n'est-ce pas dans ses moments-là que l'on se sent le plus vivant et le plus "soi-même" ? L'argument "il m'a fait perdre l'esprit", "je n'étais pas moi-même" tient-il vraiment ? Ou n'est-ce finalement que l'expression d'un désir bien enfoui, là-bas tout au fond, sous les couches successives d'idées reçues et d'interdits ?
Avoir maintenant concience de ce qui est et fait mon bonheur est une des meilleures choses qui me soient arrivées. J'avais écrit une chronique là-dessus (qui a été perdue) où j'exprimais que cela m'a transformée et a changé mon regard sur ma propre vie. Cela n'exclut pas les moments de blues où le désespoir vient se rappeler à moi, mais j'arrive maintenant à le laisser toquer derrière la fenêtre. Et quand un peu aprés, je tourne de nouveau la tête, il est parti là-bas, dans son paysage de neige. Le soleil s'est montré et mon despoir fuit très loin. Et moi, je vais sortir pour m'amuser et faire un bonhomme de neige.
Ou aller profiter de ma terrasse, du jardin...il fait beau aprés tout. C'est tout de suite plus festif de tartiner du saumon fumé ou de la tappenade sur des miches de pain quand on le fait sous une pergola où pousse de la glycine, non ? Surtout quand on pense qu'on pourrait bien se faire un verre avec un truc sympa dedans. Personnellement, la simple vue de feuilles de menthe dans un verre avec du sucre et des glaçons me remplit de joie...
samedi 28 avril 2012
HANG ON BABY, HANG ON...*
http://youtu.be/ykKNC6NjgMc
(à écouter en lisant)
* Tiens bon, (chérie/bébé/ma puce/...), tiens bon
Je sors d'une petite nuit, cad insomnie depuis 3 heures du matin, ce qui n'a rien d'étonnant étant donné le vendredi pourri que j'ai vécu.
Je suis fatiguée et pas très aidée par le temps gris et blanc. Mon coeur est lourd, lourd...
Je sais que tout ça va finir par s'arranger. Que je vais retrouver du travail. Que je vais faire refleurir ce qui a été cruellement piétiné.Que le temps va arranger les choses...Cette même expression a été employée par une personne que je connais et qui a subit une tentative de meurtre. Elle attend que le temps passe et efface peu à peu son angoisse, sa douleur. Je dis toujours qu'il n'y a rien de plus con que de faire un concours de souffrance, mais là je lui laisse la première place, je lui souhaite toute l'attention du monde, toute l'amitié qu'il est possible de donner !
Je suis partagée entre une certaine douceur, peut-être de la lassitude, et une envie de pleurer. Une envie à bas bruit, qui se fait discrète et qui éclate sans prévenir...Il suffit que je pense à la réaction de M-G (qui est maintenant une ex-collègue) pour que les larmes me viennent. Je suis certaine qu'elle a pleuré quand on lui a annoncé la nouvelle...car je n'ai pas pu lui dire au revoir. Je n'en ai pas eu le temps. D'autres personnes ont pleuré avec sincérité en me serrant dans leurs bras, en me souhaitant "une belle renaissance". D'autre ont avancé que c'était "émotionnellement très dur", croyez-le ou non mais je les crois sincères...mais je ne me fais pas de souci pour eux, cela leur passera vite !
Je suis donc dans un état où j'ai besoin de réconfort. J'en ai reçu de mes amours. Mais ce n'est pas leur affection qui fait défault mais bien l'estime de soi qui est en berne, l'espoir qui est hésitant.
Alors dans ces cas-là, je fais appel au "souvenir émotionnel réparateur". Je vais chercher une petite madeleine de Proust qui me remet dans une situation antérieure relativement indentique, où j'ai dû surmonter un desespoir inattendu et quand j'ai besoin de recapitaliser sur moi-même. Cette chanson "Save all your kisses for me" en est le principal actionnaire. J'essaie de ne pas y faire appel trop souvent pour ne pas le déforcer, mais là, j'en ai grand besoin !
Dans les grandes lignes : un oral de fin d'étude s'était mal passé car malgré toute ma bonne volonté, ma préparation et même ma passion pour la matière, j'avais échoué (ça arrive). Ce qui m'avait plongée dans un état de larmes sans discontinuer. Parce que je ne m'y attendais pas, parce que jamais je n'aurai pensé que cela puisse m'arriver...comment une situation si positive au départ avait-elle pu se changer en un océan de tristesse et d'incompréhension ? (cela vous évoque un peu ma situation actuelle ?). Aujourd'hui, je ne peux pas dire que cela m'a totalement surprise. Pour tout vous dire quand on voit une personne se conduire avec une totale méconnaissance de la nature humaine et un profond irrespect des autres, on s'attend à ce que cela vous tombe aussi dessus. Mais pas si tôt. Mais pas comme ça.
Ou alors, j'ai été trop présomptueuse, trop imbue de moi-même. Pire, j'ai cru un an plus tôt aux "il n'a rien de négatif, aucune remarque, aucun reproche à vous faire", " vous vous êtes habituée à une situation, à une législation totalement nouvelle". Oui, vraiment quel manque d'humilité de ma part...
C'est vrai qu'une situation n'est positive ou négative qu'à un moment T, elle fluctue, elle évolue, c'est dans la continuité des choses. Mais, quand on peut mettre le mot "fin" (la fin d'une historie d'amour, d'un contrat de travail, etc.), on peut de fait évaluer et donner une connotation. Et si la fin est triste, il est dans la logique humaine de lui donner une note globalement négative.
Je vous ai laissés en plan, avec moi, étudiante, en train de verser des torrents de larmes. Je m'en excuse et vous sors de cette situation de drame : je ne voulais plus continuer, je ne voulais plus rien faire..seuls les mots de ma gentille colocataire m'avaient tiré de ma rage et de mon chagrin, "essaie juste ton oral de philo de demain, tu verras bien...". Le lendemain, l'oral s'est correctement déroulé et le prof transmettait une incroyable zénitude (ou l'inverse) et je suis revenue à mon "Kot" en dansant presque, c'était une comédie musicale dans ma tête avec les passants qui faisaient une chorégraphie pour moi. En rentrant, j'ai allumé la radio et la prenière chanson que j'ai entendue c'était "Save your Kisses for me" par Brotherhood in man...et si vous écoutez bien, ce qui revient souvent et qui a du sens pour moi c'est "Hang on, baby, hang on..."
ps : Tout en réfléchissant, j'ai lu un article vraiment intéressant sur yahoo "Ce qui fait un bon ou un mauvais patron", je le partage avec vous...http://fr.finance.yahoo.com/actualites/les-huit-secrets-des-patrons-hors-du-commun.html
vendredi 13 avril 2012
GOD SAVE THE COOK (suite et peut-être pas fin...)
L’heure est grave, je suis dans une terrible frustration. D’où ma nécessité de reprendre le tout premier message de ce blog et de vous faire partager mes élucubrations :
En parallèle, Nigella « écrit comme une folle », « séquestrée dans une cellule sans fenêtre » (ces « witters » sont issus de son site internet) pour finir dans les temps un nouveau livre de recettes, entièrement consacrée à l’Italie. Cela promet d’être un très beau livre, il s’appellera : Nigellissima.
Il y a quelques années, Jamie l’avait fait également. Mais, comme ils adaptent les recettes italiennes à un public plus large (et principalement anglo-saxon), la touche anglaise est omniprésente. Et grâce à leur profond respect pour cette cuisine et pour la cuisine en général, c’est fait de façon intelligente.
J’ai « feuilleté » de façon électronique les premières pages du livre et j’ai hâte, si vous saviez comme j’ai hâte ! Des recettes que j’ai déjà envie d’essayer, l’ enthousiasme communicatif de Jamie et son entourage « créatif », toujours si inventif (photos, mises en pages, commentaires)…ça promet d’être un "vrai kif". Je me vois déjà la tête adossée aux coussins de mon lit à lire religieusement…
Je suis aussi depuis plusieurs semaines les différentes étapes de la rédaction du livre que Nigella met sur son site internet. Ce n’est pas fixe, elle poste quand elle en ressent le besoin (comme je la comprends). Cet aspect imprévu apporte du piquant puisqu’il crée de l’attente (enfin, chez moi...Et chez ses fans aussi, je suppose). Il y a peu, je lisais avec délectation ses tribulations à propos d’un achat massif de légumes (« witter du 10 mars), pour illustrer son prochain livre de recettes. Ce qui était, au départ, une idée pertinente : l’Italie est reine pour magnifier et marier les plus simples légumes, a pris les proportions d’un étalage de maraicher et a été transformé, fort heureusement pour ses lecteurs, en idées de recettes. (Nécessité est mère de créativité c’est bien connu). Bref, c’était, comme toujours, très drôle !
(Dans l’absolu, je préférerais écrire sur les grands et petits bonheurs, sur tout ce qui peut vous mettre de belle humeur, ou par temps chanceux l’âme en extase ou en paix, c’est une idée qui reste en suspend…).
En fait, je suis comme Nigella, je préfère manger plutôt que de suivre des recettes. Certes, cuisiner me détend énormément et la recherche de nouvelles saveurs, associations, et idées est, en ce qui me concerne, un formidable stimulant pour bien terminer une journée. En revanche, je ne me sens pas la patience et encore moins la capacité à prodiguer des savoirs-faires. De loin en loin, j’aime proposer des conseils directement issus de l’expérience, ce qui induit qu’ils ne doivent pas être suivis, juste adoptés si vous les aimez ou tout le moins si vous vous sentez en confiance avec eux.
J’ai, vous l’avez certainement compris, beaucoup de livres de mes deux auteurs chéris. Je pousse même le vice à acheter et à me faire offrir certains de leurs livres en français ET en version originale. (Tous ceux de Jamie ont été traduits, pour Nigella seulement deux). Par snobisme, peut-être, mais aussi parce que cela répond à des besoins différents chez moi : quand je veux que ce soit fluide, je prends celui en français, quand je veux « les entendre », je m’installe dans un fauteuil (ou le soir dans mon lit) avec la version originale. En fait, j’adapte aux livres, ce que tout un chacun fait face à un film ou une série : quand vous êtes fatigués les sous-titres sont au dessus de vos forces, quand vous êtes passionnés, vous voulez tout, la voix, les mots, les intonations. (Sans compter que certaines expressions ou tournures ne peuvent être rendues dans toute leur saveur).
Le mois dernier, j’ai participé à une formation sur la communication, l’expression orale et il fallait parler d’une de ses passions : j’ai pris comme thématique ce blog et en particulier mon tout premier message traitant de mon attirance pour la cuisine anglaise. Bien-sûr cela a étonné.
Alors pourquoi ?
Je crois que cela a tout simplement quelque chose de…rassurant, de réconfortant…de stable même pourrais-je dire. Ce qui, je le conçois, peut paraitre en totale contradiction avec une expérience traumatisante à laquelle j’ai dû faire face lors d’une journée passée à Canterbury : un « Kidney @ beef pie » dans lequel se trouvent des morceaux de bœuf gélatineux, des petits pois douteux et des grains de maïs perdus là…en plein milieu de la sauce, …c’est une expérience à vivre, mais juste une fois. Pourtant, mon indulgence pour cette cuisine était déjà bien présente puisque je me souviens avoir étonnée (« horrifiée » serait plus juste) certaines personnes en avalant un copieux breakfast avec lard, œufs, saucisses et tutti quanti.
Je vais faire une légère digression : hier soir, nous étions, mon chéri et moi, attablés devant des Penne Veneziano et une bouteille de Lambrusco (doux). Un repas simple et merveilleux tels que je les aime. Ceci, d’autant plus que c’est un restaurant où l’accueil et le service sont chaleureux. Pas simplement gentils, mais aussi par leur volonté de proposer autre chose que les « restaurants à touristes » que l’on trouve, malheureusement, un peu partout en France comme en Italie. Pendant que le serveur parlait je me suis vue en plein été dans une trattoria puis au bord d’un lac sous des citronniers. Les explications des recettes sur la carte et sa passion m’ont aussi réchauffée de l’intérieur. Ce qui prouve, et là je reviens doucement à mon propos, que la vraie cuisine d’un pays ne se résume pas aux restaurants (qui parfois étaient devenus des cantines) mais bien à ceux qui la font avec cœur et souvenir des traditions. Je ne parle pas de « traditionnalisme » figé mais bien de revenir aux sources. Concevoir un peu les fondamentaux d’une cuisine comme une mamie pleine de sagesse qui vous répond avec un sourire quand on la taquine.
D’ailleurs, en dépit de mon enthousiasme pour la cuisine anglaise, croyez-le ou on…mais, je n’ai pas encore eu l’occasion de goûter à une vraie cuisine traditionnelle anglaise. Je pourrais aller dans certains restaurants de Londres qui sont des valeurs sûres, mais demandent un certain budget. Ou alors, caresser le rêve d’un pub, un jour dans la campagne galloise ou dans le Yorkshire (ou le Kent) où on me servirait un « steack and Kideney pie » vrai de vrai…
Ps : le temps que je finisse d’écrire cette chronique, j’ai appris que Nigella, avait pu « rendre à temps sa copie » et donc était sortie de sa « prison » pour se mettre derrière un appareil photo et constater qu’un plat de…carottes (de courges ?) serait du meilleur effet dans le futur livre.
mercredi 11 avril 2012
UNE MAIN PLEINE DE GRENADES OU UNE MAIN PLEINE DE PIECES
Autant commencer tout de suite par vous rassurer : je
n’ai pas changé de voie professionnelle pour une carrière dans l’armée, ni
décidé de me faire vengeresse (implacable et énervée) face à des comportements
injustes à mon encontre. Non. Ce titre fait simplement référence à un de mes
précédents messages (voir « La
quête désespérée de la grenade et…)
Pourtant, je vais aborder la question de la justice
universelle, à mon niveau, c'est-à-dire à partir de petites choses qui ensuite se transforment en ébauche de
réflexion. Je vous laisserai en combler vous-même les possibles lacunes.
Il serait absurde de dire que la tension et le suspens
étaient à leur apogée, mais, je n’attendrai pas la chute de cet écrit pour vous
dévoiler qu’ENFIN, j’ai trouvé des grenades. Plus par hasard que par obstination
car, pour tout vous dire, je n’étais pas venue en chercher. J’avais un plan de
course bien établi, et pour cause, je déteste viscéralement les
mégas-hyper-super-marchés, enfin tout ce qui dépasse la taille d’une superette,
car j’y perds incroyablement vite patience et tout débordement me parait une
perte de temps ; et, pour appuyer
encore mon propos, j’avais, littéralement accrochée à mes basques, une petite
fille de 5 ans (la mienne). Au départ, j’avais simplement jeté un coup d’œil,
pas bien loin des salades, mais quand on a des obsessions, on a des obsessions.
L’entêtement a pris l’avantage sur la raison : j’ai saisi une grenade puis
deux (je vais faire des réserves…enfin, j’essaie de me convaincre du
bienfait de ce raisonnement). Bien entendu, tout cela va m’amener à des achats
non planifiés et hypothétiquement perdre du temps dans un grand magasin. (En
rentrant à la maison, je ne me souvenais même plus pour quelle recette ces
grenades m’avaient parues indispensables, mais versatile comme je suis, j’en ai
vite trouvé une, plus attrayante encore)
A la caisse, j’alternais les courses sur le tapis
roulant et les coups d’œil à ma fille avec des « Mon cœur, ne t’éloigne
pas ! » Dès qu’elle faisait mine de lâcher (littéralement) ma veste
en cuir, quand une odeur pestilentielle…oui …c’est le terme… s’est imposée à
moi. Je n’ai pas immédiatement compris d’où elle venait. Pour être honnête, je
trouve que dans ce genre de lieu on ne pense plus, si ce n’est trouver la
sortie la plus proche. C’est en voyant les gestes maladroits et la main pleine
de petites pièces du monsieur derrière moi que j’ai su que cette odeur, cette
main et ces gestes étaient liés. Le fait
qu’il avait acheté bien peu de chose, dont une vague bouteille de vin, sa tenue
et son regard dans le vague auraient dû
me mettre sur la voie. Pourtant, non. Est-ce que cela est devenu suffisamment
courant pour que cela ne m’étonne plus ?Le temps que je paie, que je finisse d’empaqueter mes affaires et que je répète pour la 22ème fois à ma fille de « ne pas s’éloigner », il était devenu évident que ce qu’il avait dans la main n’allait pas suffire à payer…quoi ? Presque rien…Une impulsion m’a fait chercher mon porte-monnaie et dans ma tête résonnait déjà la question « combien est-ce qu’il manque ? »… Et à la place je me suis souvenue que j’avais oublié de faire valider mon ticket de parking. Alors, je l’ai tendu à la caissière qui paraissait impatiente que le monsieur parte, j’ai pris ma fille par la main et je suis partie.
Je veux dissiper un possible malentendu : je
ne porte aucun jugement de valeurs sur le comportement ou l’attitude de la
caissière. Je ne fais pas son boulot, je
ne l’ai jamais fait alors je ne peux pas donner mon avis, il serait bien mal
placé.
Sur le trajet du retour, je me suis interrogée sur les
raisons qui avaient avorté mon geste. Vous répondrez que je suis tout
simplement égoïste ou que l’on ne peut pas donner tout le temps et à tout le
monde. Si on prend cela au pied de la lettre, ce n’est évidemment pas possible.
La première hypothèse n’est pas juste non plus si j’en crois les personnes qui
m’apprécient et ma propension à donner une pièce ou deux à une main tendue,
surtout quand l’autre tient un chat ou un chien (ce qui me met parfois dans des situations
embarrassantes quand, par exemple, je n’ai même plus de quoi payer 10 minutes
de parking). Je ne veux pas non plus « trop donner » car cela me
ramène au comportement de quelqu’un qui me faisait honte. Je l’ai vu vider des
porte-monnaie face à des personnes incapables de le reconnaitre 5 minutes
après. Je sais que mon esprit a été
traversé par le fait que j’allais paraitre ridicule aux yeux de la
caissière…pourtant, la générosité est un comportement que je valorise. Vous me direz peut-être que j’ai pensé
beaucoup de choses pour quelqu’un qui était « incapable de penser ».
Mais, cette idée a été furtive, et elle
a certainement suffit à déterminer mon comportement.
Je ne cherche pas ici à démarrer une psychanalyse
ou une analyse approfondie. En fait, le temps que tout cela tourne et retourne
dans ma tête, je suis arrivée à la simple conclusion que je voulais comprendre ma
décision pour pouvoir au mieux l’adapter
plus tard. Les personne qui ne donnent jamais rien ou donnent tout ce qu’elles
ont n’existent pas. Mais alors, où placer le curseur pour être en paix avec
soi-même ? Est-ce qu’on donne par
pure générosité ou simplement pour se donner bonne conscience ? Vous savez
comme moi que ce type de réponse n’est pas satisfaisant… Nos actes sont fortement influencés voire
déterminés par les situations dans
lesquelles nous nous trouvons. Nous avons tous des valeurs dont les origines
sont multiples. Le fait de donner peut avoir une connotation totalement positive (c’est un
principe commun aux religions) ou totalement négative. Est-ce qu’il y a une vérité absolue ? Mon sentiment est qu’il n’y a de vérité que pour soi. Y mettre un principe universel est une illusion.
Puis, un signal sur ma voiture m’indiquant qu’une porte était mal fermée a obnubilé mon esprit. Et ceci bien plus longtemps qu’il me m’en avait fallu pour me poser ces deux ou trois questions.
Plus tard, en rangeant mes courses, j’ai repensé au prix de
mes grenades. De chacune. Et des deux ensembles. Et je me suis de nouveau posé
ces mêmes questions…moi, qui avait cette chance d’avoir la main pleine de
grenades.
dimanche 1 avril 2012
REVER SA VIE EN PANTALON ROUGE ET PULL ROSE
Le week-end dernier le beau temps m’a amenée dans le jardin et allez savoir pourquoi (par association d’idées sans doute), m’est revenu en mémoire un frais matin de janvier d’il y a une quinzaine d’année. Ou plus exactement un matin idéalisé.
Vous devez savoir que j’ai longtemps acheté des vêtements parce que je me voyais avec dans un futur, un moment rêvé et planifié. En l'occurence, j'avais acheté un pull rose, mousseux (et coûteux)chez Laura Ashley, à porter avec mon mythique pantalon rouge, parce que je voulais être habillée comme ça au matin du 1er janvier chez des amis d'amis avec qui nous fêtions toujours le réveillon. Je m’étais « vue » dans ces vêtements, allongée sur leur canapé, dans un grand moment de quiétude en train de caresser un des chats et d’être là tous ensemble comme cela arrivait souvent. Je ne sais plus si j’ai été vêtue comme je l’avais planifié, je sais en revanche que cela ne s’est jamais vraiment déroulé. Cette matinée n’a vécue que dans mon imagination. Nous avions passé beaucoup de temps ensemble, préparé des repas, des anniversaires, des nouvels ans, etc. mais j'ai découvert à mes dépends que les "amis de mes amis [ne] sont [pas toujours] des amis". J'avais organisé un w-e prés de la mer et le couple d'amis qui faisait le lien s'était désisté car l'un d'eux était malade. J'avais appelé pour connaitre l'heure d'arrivée des autres et celle qu'on appelait "Za" m'avait répondu sans le moindre tact "Si Tho et Ma ne sont pas là, on n'a pas de raison de venir". Cette simple phrase, en dehors du fait qu’elle m’a fait mal, m’a immédiatement éclairée sur la nature et le manque de profondeur de notre amitié.
Il avait suffit de quelques mots pour que je ne passe plus de temps en leur compagnie.
Que sont devenues ces amitiés, qui sont finalement de passage ? Quelle utilité ont-elles ? Servent-elles à nous construire ou ne sont-elles là que pour combler un vide ? J'ai un jour posé ces questions à quelqu'un dont j'avais foi ...ce quelqu'un m'a dit qu'on n'avait partagé que des moments de plaisir, pas de moments difficiles...
Je suis plutôt d'accord mais...est-ce que cela signifie que le plaisir partagé ensemble n'a pas de valeur ? Pourtant, ce dont je me souviens le plus volontiers c'est le simple plaisir d'être avec certaines personnes, de m'assoir avec elles autour d'une table de restaurant et de partager nos vies et des cheese-cakes ! Ces amitiés se nourrissent du manque car nous nous voyons peu ou plus exactement "jamais assez". A chaque fin de journée nous avons cette même phrase "c'est encore passé trop vite".
De plus, à combien de personnes avez-vous confié vos doutes, vos chagrins ou à l'inverse que vous avez écoutées, consolées parfois conseillées, sans qu'une relation sincère se crée pour autant ?
Je me suis vue à de nombreuses reprises dans des vêtements précis pour accompagner les situations que je voulais vivre. Le plus souvent, j'ai acheté ces vêtements, comme si ce simple acte allait les faire naitre. Bien entendu, ces moments ne sont jamais vraiment venus. On ne peut pas rêver sa vie à l’avance.
Pourtant j’ai dans ma garde robe des vêtements symboles de réussite , de progrés…de bonheur (le fameux pantalon rouge), mais surtout : le tailleur pantalon après l’examen de méthodologie (c'est une matière en psychologie expérimentale, maintenant que vous savez ça, vous pouvez tout à fait l'oublier).
Laissez-moi vous donner cet exemple : en licence, je devais passer un oral détesté des étudiants car la matière était rebutante et les notes souvent basses (avec un fort coefficient). Je pourrais en faire une chronique entière (bel exemple de résilience*, à mon humble niveau) mais je vais, pour une fois, en donner l'essentiel : je n'avais pas droit à l'échec, j'ai passé cet oral dans les pires conditions possibles et je n'avais de fait aucune mais alors aucune confiance en moi (il faut dire que j'ai très sérieusement pensé à me jetter par la fenêtre la veille de cet examen) et, en définitive, j'ai atteint la meilleure note de la promo (j'en suis encore très fière, pas orgueilleuse je le promets, mais je me répette à dessein : c'est un bel exemple de "résilience"). Une copine d'enfance m'avait accompagnée durant cette épreuve. En sortant je l'avais emmenée vers le Comptoir des Cotonniers le plus proche et j'avais fêté ma victoire en achetant un tailleur pantalon. Un ou deux ans plus tard, nous nous n'avons plus été amies. Tout comme je ne suis plus amie avec celle qui était la marraine de ma fille. J'ai analysé pourquoi je ne pouvais plus envisager que cette dernière fasse partie de ma vie. Mais longtemps, je me suis perdue à chercher pourquoi les petites filles qui se cachaient dans des placards pour passer plus de temps ensemble étaient devenues des adultes que plus rien ne relie...et puis une petite phrase prononcée par ma copine d'enfance ce fameux jour m'est revenu en mémoire : je la revois lisant l'étiquette avec le prix du tailleur et me disant sur un ton en total désaccord avec ma joie exubérante du moment : "si tu peux te le permettre...".
L'autre ancienne amie, celle avec qui j'ai rompu les ponts définitivement avait commencé à se rendre insupportable avec ses fréquentes remarques sur ma propension à dépenser de l'argent pour mes fringues et surtout celles de ma fille...Les amies qui me connaissent bien savent que c'est davantage chez moi un excés d'optimisme (parfois une certaine insconscience) qu'un salaire illimité qui me pousse à ces choix...suivis quand il le faut de périodes de restriction totale.
"Si tu peux le permettre..." m’éclaire de nouveau sur la nature de notre relation et le trait commun entre ces deux amitiés : la jalousie.
(Je viens d'une famille qui a un rapport sain avec l'argent : j'ai beaucoup d'admiration pour les personnes généreuses mais aussi économes, aucune pour celles qui ont la critique ou la radinerie enchainée dans le corps...).
Un ultime exemple le plus fort dans ma mémoire : Le jour où j'ai terminé ce que je considère comme un des meilleurs jobs, je me suis, de nouveau, "vue" dans des vêtements particuliers (ma veste noire en cuir et une longue écharpe pervenche) conduisant ma voiture de retour du travail, avec l'espoir d'intégrer de nouveau et pour un temps très très long ce super job. Cela fait plus de 10 ans que j'ai cet espoir, cette attente tout au fond de moi...depuis quelques semaines des fenêtres ce sont ouvertes...je ne compte pas les laisser se refermer...et le plus compliqué ce n'est évidemment pas d'enfiler ma veste et mon écharpe...Mais, si j'ai l'opportunité d'y revenir, je me ferais un vrai fun à porter l'écharpe et la veste en cuir...
* que d'éventuels puristes m'excusent, il ne s'agit pas strictement de résilience qui est un concept et un processus plus complexe. J'aurais pu parler de "coping" (To Cope : s'en sortir), mais "résilience" est une terme plus connu et qui a transmet, aprés vulgarisation, l'idée de rebondir à partir d'un échec.
mercredi 21 mars 2012
POUR CELLE QUI A TANT AIME SON CHAT (Comme moi...)
Et ce soir, je pense à une de mes amies qui est dans la peine...elle n'a pas perdu son bébé...elle l'attend et il ne vient pas...
Nous nous sommes rencontrées en juin dernier dans un restaurant...plus précisément, nous nous connaissions du forum d'une amie commune et nous nous étions cotoyées toute la journée...mais c'est le soir que, mise côte à côte par un heureux hasard, nous avons vraiment fait connaissance. Il y a des rencontres uniques dans la vie, il y a des sensations (rares) de se connaitre déjà par coeur.
Nous partageons beaucoup de choses, elle et moi...Et en particulier l'amour d'un chat qui n'est plus là.
Je ne fais aucun comparatif ni lien avec la chanson citée plus haut, je ne fais aucun comparatif d'ailleurs...Je ne mets pas les douleurs en compétition parce que ça n'aurait pas de sens...Simplement, je sais que nous eu un chat inoubliable dans notre vie..elle a mis le sien sur son écran de téléphone, j'ai mis le mien sur le médaillon d'un pendentif...
Cette amie voudrait avoir un enfant, c'est légitime...
Cet a-m, je suis allée sur Lille avec ma fille, manger des pâtes dans un restaurant italien très bon, se faire couper les cheveux ensemble, lui acheter un t-shirt, regarder les vitrines, entrer dans les magasins...
Alors, je ne lui souhaite pas d'avoir un enfant...je lui souhaite de faire tout ça un jour...que cette réalité soit devenue si quotidienne qu'elle aura mis derrière elle toute cette attente, ces doutes, cette douleur ...cet espoir qu'il faut renouveler à chaque fois...
Ce soir, je ne peux que penser à elle et lui donner quelques idées de petites choses qui peuvent devenir des petits bonheur : laisser le soleil caresser sa joue, manger une tarte au citron sans honte, entendre le bruit du vent dans les branches, avoir envie de plein de choses dans les vitrines, essayer un nouveau rouge à lévres, se plonger dans un livre qui vous emmène, plannifier de prochaines vacances ou un w-e...
lundi 19 mars 2012
La quête désespérée de la grenade et l'art délicat de manger des spaghettis
Samedi, mûe par un désir de suivre une recette de Nigella, j'ai cherché une bonne façon de faire de mes magrets de canard un repas succulent, j'ai trouvé une salade, petite merveille de simplicité, avec de la menthe (que j'avais achetée en grosse quantité vendredi par excés d'optimisme), dont il ne me manquait qu'un ingrédient : une grenade. Facile.
En parallèle, mon mari étant parti aider un ami à déménager, j'ai décidé d'emmener ma fille dans un magasin que j'affectionne à Tournai, parce que j'y trouve les marques françaises et belges dont j'aime l'habiller et surtout des petites chaussures rigolottes ET SOLIDES. Il faut dire que j'ai réussi à canaliser les tendances des mamies à lui acheter, en quantité, des chaussures qui défient le bon sens et sont une torture pour les parents qui doivent les enfiler chaque jour à leur enfant chérie ; sans compter qu'elles oscillent entre le mauvais goût et la chaussure orthopédique. Je veux bien qu'elles se sentent utiles (en payant) mais c'est définitivement moi qui choisit.
La matinée s'annonçait donc belle et sans nuages.
Je savais que Tournai allait être animée par le carnaval, mais j'espèrais que la fin de matinée serait encore calme. Nous voilà donc parties, pas trop en retard pour une fois : ma chérie suffisamment motivée avait enfilé ses vêtements sans trop d'intermédes ludiques et en plus, elle était jolie comme tout. Au point que j'avais accordé qu'elle choisisse ses chaussures, en l'occurence des nu-pieds orange à papillons sur des collants beige à rayures bleues...croyez-le ou non mais..."ça le faisait"...un chouia "bobo" mais on ne va pas se plaindre.
Bref, je devais faire une brève incursion dans le rayon fruits et légumes du supermarché avant de voguer le coeur léger vers Tournai....
Mais il y a des journées qui ne se déroulent jamais comme prévu, quoi que vous fassiez pour conjurer le sort ou remettre les événements dans le bon sens. Je vous explique : j'ai cherché de plus en plus énervée au fur et à mesure des magasins une grenade introuvable, devenant à peine polie voire carrèment infecte. Ce qui m'agace le plus dans ses cas-là c'est que quand vous êtes dans un supermarché vous n'avez, en général, personne pour poser une simple question "avez-vous des grenades ?" (sous-entendez aussi "non ? allez donc voir au fin fond de votre entrepôt...!"), personne pour passer votre colère et vous errez au milieu du rayon...cherchant désespérement du regard ce qui aurait pu échapper à votre empressement. En général, je sors de là dans un état second...mais la panacée revient quand même à ceux qui ont le don pour ne pas comprendre voire vous proposer autre chose, je prends comme exemple mon boucher Bio (qui fait aussi fruits et légumes) : il lui a quand même fallu 5 bonnes minutes pour sortir de derrière son étal, se gratter la tête devant son frigo et me sortir un fruit en me demandant "c'est pas ça ?" (Non Régis c'est une mangue, une mangue...), "si tu veux j'ai des très beaux chou-fleurs..." (des choux-fleurs ??). Seul le mince espoir d'un maraicher à Tournai prés du magasin pour enfant m'a permis de continuer à avoir envie de vivre et à ne pas aller narguer mon poissonnier pour lui demander s'il n'a pas une belle entrecôte (oui parce que je peux demander du poisson à Régis, il en a le bougre..ah aucun respect des régles).
La route fût courte jusqu'à Tournai, Cat power et Katie Mélua me remirent les idées en place et la zénitude bien droite.
(Je fais un bref apparté : certaines personnes ne supportent pas de prendre le chemin pour aller bosser, moi, je m'en fiche, je suis sotte de Tournai et d'ailleurs j'y allais pour le plaisir bien avant d'y travailler).
L'apparition de lutins et de têtes coiffées de perruques fushia auraient dû me mettre la puce à l'oreille et même me faire retourner sur le champs, mais j'avais DECIDE d'aller chercher des chaussures. Aprés avoir perdu presque 20 minutes à chercher une place pour me garer (ce n'est pas qu'il n'y en avait pas, c'était juste interdit partout), être revenue au point de départ, j'ai décidé de faire marcher (trop) une petite fille qui commençait à ronchonner. Sur la place, un homme à haut de forme proposait des bonbons aux enfants, le sourire allait presque me revenir quand ce crétin m'a aspergée de confettis. J'étais trop pressée pour lui faire repasser l'alcool par le nez (et dire qu'il n'était pas midi)...et bien entendu j'ai pu constater de mes yeux...que le magasin était fermé (c'est curieux mais je me fichais complétement de ma grenade à ce moment-là)...La pluie commençait à tomber et ma chérie avait des airs à vouloir faire la sieste dans la rue...dans ces cas-là, il faut contrer le sort et adopter une attitude totalement inattendue : prendre son temps. J'ai pris ma fille dans les bras et au contact de sa petite joue, j'ai trouvé comment obtenir la satisfaction que cette journée était censée m'apporter. Une fois revenue chez moi et avoir tenté, en vain, de joindre mon chéri pendant une heure pour savoir quand il pensait rentrer, j'ai pris ma décision : j'ai demandé à ma fille, pour la rhétorique, si ça la tentait d'aller manger au restaurant et nous sommes parties sur Lille.
(comme je peux parfois me mentir à moi-même, la semaine précédente mon chéri m'avait fait découvrir un restaurant italien très bon...avec une fabuleuse tarte au citron...).
Devant mon assiette d'antipastis, je me suis brusquement souvenue que je devais 10 minutes plus tard emmener mon chaton chez le vétérinaire, le rendez-vous était pris depuis 15 jours, j'ai tenté pendant quelques minutes de me connecter avec mon portable pour trouver le numéro de la clinique et m'excuser...mais bien entendu batterie s'est déchargée, alors j'ai rangé le téléphone au fond du sac et je me suis concentrée sur ma fille...c'est alors que le miracle s'est produit : elle avait choisi des spaghettis et tentait maladroitement de les enrouler autour de sa fourchette...j'aurais pu lui donner la becquée, non j'ai décidé de lui montrer et montrer et encore montrer jusqu'à ce que le résultat soit... très satisfaisant, en fait ! Je peux difficilement vous expliquer l'état de bonheur dans lequel j'étais pendant tout ce repas, il y a quelque chose de l'ordre de la grâce à apprendre quelque chose à son enfant...(et vous savez ces petites choses simples et magiques qui défont les noeuds de l'existence)...En plus, elle m'a complétement fait sourire quand elle a dit au moment du dessert "Mais Maman, la semaine dernière on n'avait pas demandé au Monsieur ce que c'était que le Pinguinos au chocolat ". Je vous livre la réponse qu'on m'a faite "vous connaissez le kinder Pingui ? et bien là c'est nous qui le faisons et c'est bon". Oui c'est vraiment bon, surtout quand on le met au milieu de la table et qu'on le fait disparaitre à deux cuillères.
Plus tard, elle a choisi des chaussures rouges avec des cupcakes sur les côtés, qu'elle a voulu garder aux pieds ("ça lui donne un petit air Bobo", m'a dit la vendeuse...décidément...). Elle était vraiment ravissante dans son manteau bleu, elle a regardé les vêtements et les vitrines avec moi, elle a été un ange (le serveur m'avait dit au moment de l'addition "qu'est-ce qu'elle est sage"...et aussi "vous savez que vous avez des confettis dans les cheveux ??").
J'en ai profité pour aller chez Parent, le meilleur maraicher de Lille (ben oui...la grenade) où j'ai appris et bien pris que "ce n'est plus la saison Madame" (en même temps, dans la mesure où ça vient d'un pays exotique, comment ça peut ne pas pousser toute l'année ?*), et devant la mine gourmande de ma fille je n'ai pas été en état psychologique de refuser une barquette de fraises à 8, 50 euros (énormes les fraises et les deux qu'elle m'a laissé étaient très bonnes).
Nous sommes rentrées de Charmante humeur chez nous, pour constater que nous avions raté de peu le retour de mon Chéri, qui n'avait pas les clefs, n'avait pas mangé mais pas rancunier avait taillé les rosiers pendant presque 4 heures (et le soir il a classé, plié et rangé tous les vêtements que j'avais posé sur le lit), comme quoi, il ne faut jamais désespérer de l'espèce humaine.
Le soir, j'ai remplacé la grenade de la recette par des groseilles que j'avais achetées chez Parent...c'était mieux en fait...
* Depuis, j'ai appris que la grenade est cueillie de septembre à décembre...
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